Du 15 au 18 octobre 2026 se tiennent les journées nationales de la réparation, quatrième du nom. Quatre jours d’ateliers, de cafés réparation et de portes ouvertes partout en France, organisés par Make.org et l’association HOP, Halte à l’obsolescence programmée, avec le soutien du ministère de la Transition écologique.
L’objectif tient en une phrase, et je la reprends volontiers à mon compte : faire de la réparation un réflexe simple, concret et accessible à tous.
C’est mon métier toute l’année, alors profitons de ces quatre jours pour dire les choses simplement : ce qui se répare vraiment, ce que ça coûte, l’aide à laquelle vous avez droit, et le moment où il vaut mieux arrêter les frais.
Les journées nationales de la réparation en un chiffre
En 2025, 80 % des participants aux journées nationales de la réparation ont découvert que réparer coûtait moins cher qu’ils ne le croyaient.
Quatre-vingts pour cent. Autrement dit, la principale raison pour laquelle les gens ne font pas réparer, c’est une idée qu’ils se font du prix, et cette idée est fausse huit fois sur dix.
Je le constate chaque semaine. Un client arrive persuadé qu’il doit changer son téléphone, repart avec le même appareil et une facture de quelques dizaines d’euros. Et l’ADEME rappelle de son côté qu’allonger de trois ans la durée de vie de nos appareils permettrait d’économiser plus de 1 900 € par foyer.
Ce qui se répare vraiment
Sur un téléphone, un écran cassé, la batterie, le connecteur de charge et les haut-parleurs se remplacent couramment. Ce sont les quatre pannes que je vois le plus. Un appareil tombé dans l’eau se sauve souvent aussi, à condition de ne pas le rallumer et de l’apporter rapidement : c’est la corrosion qui tue, pas l’eau. J’ai détaillé tout cela dans un article sur les pannes réparables.
Sur un ordinateur, la liste est encore plus longue : disque, mémoire, ventilation encrassée, batterie de portable, connecteur d’alimentation, écran. La plupart des machines que l’on m’apporte « mortes » souffrent en réalité d’un disque fatigué, et un SSD leur redonne quatre ans. C’est le sujet de mon article sur les ordinateurs qui rament.
Sur le petit matériel, on peut souvent ressouder un connecteur, remplacer un câble d’alimentation ou un bouton. Ce n’est pas toujours rentable, mais ça l’est plus souvent qu’on ne le croit, surtout sur du matériel professionnel.
Réparer ou remplacer : ma règle en trois questions
Combien coûte la réparation par rapport à l’appareil ? Au-delà de la moitié du prix d’un équivalent d’occasion récent, la question se pose. En dessous, c’est presque toujours rentable.
L’appareil suivra-t-il encore quelques années ? Un téléphone qui ne reçoit plus de mises à jour de sécurité, ou un ordinateur dont le processeur ne passera jamais à Windows 11, n’est pas un bon candidat à une grosse dépense.
À quoi vous sert-il ? Une machine qui ne fait que de la bureautique et de la navigation mérite d’être réparée bien plus longtemps qu’une machine de travail qui doit suivre un logiciel métier.
Si les trois réponses sont bonnes, on répare. Si deux sur trois sont mauvaises, je vous le dis, et nous regardons ensemble du côté du reconditionné, qui est de loin l’option la plus raisonnable quand une machine est vraiment en bout de course.
Le bonus réparation, cette aide que presque personne ne réclame
Depuis fin 2022, un fonds financé par les fabricants prend en charge une partie du coût de réparation des appareils électriques et électroniques. C’est ce qu’on appelle le bonus réparation.
Son principe est simple et bien pensé : vous n’avez aucune démarche à faire, aucun dossier à remplir, aucun remboursement à attendre. La remise est déduite directement de votre facture, et c’est le réparateur qui se fait rembourser ensuite.
Quelques conditions à connaître :
- l’aide passe uniquement par un réparateur portant le label QualiRépar ;
- l’appareil ne doit plus être couvert par une garantie, une extension de garantie ou une assurance ;
- elle ne s’obtient qu’une fois par appareil et par type de panne ;
- certains appareils n’y donnent droit qu’au-delà d’un montant minimum de réparation.
Les montants évoluent chaque année et dépendent du type d’appareil. Plutôt que de vous donner un chiffre qui sera faux dans six mois, je préfère vous renvoyer à la source officielle : le site de l’éco-organisme ecosystem, qui publie les montants en vigueur et l’annuaire des réparateurs labellisés.
Autant le dire franchement : je ne suis pas labellisé QualiRépar à ce jour, je ne peux donc pas déduire ce bonus de vos factures. Si votre appareil y donne droit et que le montant fait la différence pour vous, l’annuaire officiel vous indiquera un atelier labellisé. De mon côté, je préfère agir là où j’ai la main : sur le prix de l’intervention elle-même, et sur le fait de ne jamais facturer une réparation qui n’en vaut pas la peine.
Pendant ces quatre jours : 20 % sur la main-d’œuvre
Pour marquer le coup, du 15 au 18 octobre, je retire 20 % sur la main-d’œuvre de toutes les réparations déposées pendant ces quatre jours : téléphone, tablette, ordinateur fixe ou portable. Les pièces restent à leur prix, c’est mon temps que j’offre en partie.
Concrètement, cela vaut pour un remplacement d’écran, une batterie fatiguée, un connecteur de charge qui ne tient plus, un disque remplacé par un SSD ou un nettoyage complet avec changement de pâte thermique. Il suffit de déposer l’appareil ou de prendre rendez-vous avant dimanche soir : même si la réparation se termine la semaine suivante, la remise s’applique.
Et si vous hésitez encore, c’est l’occasion : un avis ne coûte rien, et il arrive souvent qu’une panne qui semblait rédhibitoire se règle en une demi-heure.
Et si c’est vraiment mort ?
Un appareil en fin de vie ne se jette pas à la poubelle. Les déchetteries de la communauté de communes, les grandes surfaces qui vendent le même type de produit et les points de collecte reprennent gratuitement le matériel électrique et électronique, en état de marche ou non.
Et si l’appareil fonctionne encore un peu, pensez au don avant la benne : un ordinateur trop lent pour vous rendra encore service à un adolescent qui fait ses devoirs dessus, surtout avec un SSD et une réinstallation propre.
Ce que je vous propose, toute l’année
La réparation n’est pas une journée par an, c’est une habitude. Avant de remplacer quoi que ce soit, demandez un avis : c’est gratuit au téléphone, et ça évite de jeter des appareils qui avaient encore des années devant eux.
Je répare les téléphones, les tablettes et les ordinateurs à Laguiole, et je me déplace à Espalion et dans tout l’Aubrac. Vous pouvez m’appeler au 07 44 95 37 60 ou passer par la page de contact. Et si la réponse est « ça ne vaut plus le coup », je vous le dirai aussi franchement que si c’était réparable.
Sources
- Journées nationales de la réparation : édition 2026 du 15 au 18 octobre, organisée par Make.org et HOP, avec le soutien du ministère de la Transition écologique.
- Chiffres cités sur le site de l’événement : 80 % des participants de l’édition 2025 ont découvert que la réparation coûtait moins cher que prévu, et l’ADEME estime à plus de 1 900 € par foyer l’économie permise par trois années de durée de vie supplémentaires.
- ecosystem : éco-organisme agréé, montants du bonus réparation et annuaire des réparateurs labellisés QualiRépar.




