Vous tenez un commerce à Laguiole, un hôtel sur l’Aubrac ou un gîte dans la vallée du Lot. Le téléphone fixe sonne, la box ADSL clignote comme d’habitude, et la fin du réseau cuivre vous paraît une affaire lointaine. Elle a pourtant commencé : depuis le 31 janvier 2026, dans la majorité des communes, on ne peut plus souscrire d’abonnement neuf sur ce vieux réseau.

Le jour où la ligne sera coupée pour de bon, le téléphone ne sera pas seul à se taire. Le terminal de carte bancaire, l’alarme ou le vieux fax passent parfois par le même fil, sans que personne s’en souvienne. Mieux vaut le découvrir maintenant qu’un samedi d’été, avec la salle pleine.

Où en est la fin du réseau cuivre en Aveyron ?

Le réseau cuivre, c’est le réseau téléphonique historique, déployé depuis les années 1970 par France Télécom, devenue Orange. Il transporte encore l’internet en ADSL et la téléphonie fixe d’ancienne génération, celle de la fameuse prise en T.

Sa fermeture se fait en deux temps :

  • la fermeture commerciale : plus aucun nouvel abonnement n’est possible. Elle a eu lieu le 31 janvier 2026 dans la majorité des communes et se fera le 31 janvier 2027 pour les autres ;
  • la fermeture technique : la ligne est réellement coupée. Elle avance par lots de communes, chaque année, jusqu’à fin 2030.

Si vous avez déjà un abonnement sur le cuivre, il continue de fonctionner tant que votre commune n’a pas atteint sa date de fermeture technique.

En Aveyron, la fibre est déjà largement là. Le réseau ALL’Fibre, lancé en 2017 pour l’Aveyron, le Lot et la Lozère, rend 153 922 logements et entreprises éligibles dans le département, soit 97 % de couverture. Il restait toutefois 5 455 adresses aveyronnaises à raccorder. Si votre établissement est un peu à l’écart du bourg, vous en faites peut-être partie.

Qu’est-ce qui dépend encore du cuivre dans un commerce ou un gîte ?

Quand je fais l’inventaire d’un établissement, je ne regarde pas seulement la box. Je suis chaque câble qui part de la prise téléphonique murale ou du filtre ADSL. Tout ce qui y est branché devra trouver une autre solution. Voici ce qu’il faut chercher.

La ligne fixe et les combinés

C’est le cas le plus évident. Un numéro fixe connu de vos clients depuis des années, imprimé sur les cartes et les guides, a de la valeur. Demandez à votre opérateur s’il peut être conservé lors du passage à la fibre : on parle de portabilité du numéro. Vérifiez aussi que vos combinés sans fil pourront se brancher sur la nouvelle box.

Le terminal de paiement

Certains terminaux de carte bancaire, surtout les plus anciens, appellent la banque par la ligne téléphonique. Regardez le câble à l’arrière du socle : s’il finit dans la prise murale ou dans le filtre, il dépend du cuivre. Demandez alors à votre banque ou à votre loueur si l’appareil peut passer par internet (câble réseau sur la box), par le Wi-Fi ou par une carte SIM. Si le réseau mobile passe mal dans votre salle, le câble réseau reste le choix le plus sûr.

L’alarme et la télésurveillance

Certains transmetteurs d’alarme ont été installés pour appeler un centre de télésurveillance par la ligne fixe. Le jour de la coupure, l’alarme peut continuer à sonner sur place, mais plus personne ne sera prévenu à distance. Seul votre installateur peut vous dire comment votre transmetteur communique. Attention aussi à ceux qui utilisent la 2G : j’en parle dans mon article sur la fin de la 2G en Aveyron.

Le fax

Certains établissements gardent un fax pour quelques fournisseurs ou des réservations de groupes. Un fax branché sur une box fibre ne fonctionne pas toujours de façon fiable. Posez-vous d’abord la question : qui vous envoie encore un fax, et peut-il passer à l’e-mail ?

La box ADSL et tout ce qui en dépend

Changer de box, c’est changer le cœur du réseau. Derrière elle, il y a souvent la caisse, l’imprimante du bureau, des caméras, le Wi-Fi des clients et parfois des réglages faits il y a des années. Une nouvelle box arrive avec un nouveau nom de Wi-Fi et un nouveau mot de passe : vos clients, vos affichettes et vos appareils ne les connaîtront pas. Pour un hôtel ou un gîte, c’est le moment de remettre à plat le Wi-Fi des chambres.

Comment savoir si votre commune est concernée ?

Toutes les communes sont concernées, la seule question est la date. Pour la connaître :

  1. Consultez le calendrier de fermeture publié par Orange Business, qui donne les listes de communes par lot.
  2. Lisez la page de l’Arcep sur la fermeture du réseau cuivre : le gendarme des télécoms y explique les étapes et les conditions.
  3. Testez l’éligibilité à la fibre de votre adresse exacte sur le site d’un opérateur. Pour un établissement, l’adresse précise compte plus que le nom de la commune.

Les dates peuvent bouger : des fermetures ont déjà été reportées dans certaines communes quand la fibre n’était pas prête. Ne vous fiez donc pas à une date entendue au comptoir, vérifiez-la vous-même. Et retenez que l’Arcep recommande aux entreprises déjà éligibles à la fibre de préparer leur migration dès maintenant.

Comment demander la fibre en Aveyron sans attendre la coupure ?

Si votre adresse est éligible

Choisissez une offre fibre, de préférence une offre professionnelle si votre activité dépend d’internet. Un technicien viendra tirer la fibre jusqu’à l’intérieur de vos locaux. Avant de signer, demandez à l’opérateur trois choses :

  • la conservation de votre numéro fixe ;
  • le moment exact où l’ancienne ligne sera résiliée ;
  • l’emplacement prévu pour la prise fibre et la nouvelle box.

Ce dernier point compte : si la box change de pièce, le terminal ou l’alarme reliés devront suivre.

Si la fibre n’arrive pas encore chez vous

C’est là que le dispositif RIFA, pour Recueil d’Intérêt Fibre ALLiance, devient utile. Les Départements de l’Aveyron, du Lot et de la Lozère ont signé avec All Fibre, filiale d’Orange Concessions, une convention qui garantit aux derniers habitants sans fibre de pouvoir la demander et d’en disposer sous six mois, qu’ils habitent dans un village ou en rase campagne.

La demande se fait par un formulaire sur le site d’All Fibre, à l’adresse alliancetreshautdebit.fr/ticketing-contactez-nous/, indiquée par le Département du Lot. Le rythme prévu est de 200 prises construites chaque mois pour les trois départements, dont 140 en Aveyron. Plus tôt vous faites la demande, plus tôt vous entrez dans la file.

Pourquoi faire la bascule en basse saison ?

Passer à la fibre, ce n’est pas une simple livraison de box. Il faut le rendez-vous du technicien, parfois un passage de câble dans le bâtiment, puis la reconfiguration de chaque appareil. Si un réglage coince, mieux vaut que ce soit un mardi de novembre qu’en pleine saison, quand les randonneurs de l’Aubrac remplissent les chambres et la terrasse.

Voici l’ordre que je conseille :

  1. Faire l’inventaire de tout ce qui est branché sur la ligne téléphonique.
  2. Appeler la banque, le loueur du terminal et l’installateur d’alarme pour connaître leurs solutions.
  3. Demander la fibre, ou déposer une demande RIFA si elle n’est pas disponible.
  4. Le jour du raccordement, tester chaque appareil : un paiement, un appel entrant, un déclenchement d’alarme, une connexion Wi-Fi depuis une chambre.
  5. Ne laisser partir l’ancienne ligne qu’une fois tout vérifié.

Ce que je peux faire pour vous sur l’Aubrac

Je me déplace dans les commerces, hôtels, campings et gîtes de Laguiole, d’Espalion et du plateau. Je fais l’inventaire de ce qui dépend du cuivre, je prépare la bascule avec vous, puis je configure la nouvelle box, le réseau, les imprimantes et le Wi-Fi. Pour le terminal de paiement et l’alarme, je vérifie leur branchement avec vos prestataires, qui restent seuls maîtres de leurs appareils.

Tout est détaillé sur ma page réseau d’entreprise. Pour les établissements qui accueillent du public, voyez aussi le Wi-Fi pour campings et hôtels. Le diagnostic réseau est à 60 €, la configuration réseau à 60 € de l’heure, et le déplacement est offert sur les 10 premiers kilomètres (aller-retour compris) : tous les prix sont sur la page tarifs.

Décrivez-moi votre installation, je vous réponds.

Préparer mon passage à la fibre

Sources