Le mardi 6 octobre, Orange a coupé son réseau 2G dans 44 départements, dont l’Aveyron. Personne n’a rien entendu : aucune sirène, aucun voyant rouge, aucun message. Et c’est justement là le problème de la fin de la 2G. Un appareil qui ne fonctionnait qu’en 2G ne tombe pas en panne : il se tait.
Un boîtier de téléassistance, une alarme de gîte, un transmetteur qui prévient l’éleveur d’une coupure de courant, l’alerte de température d’une chambre froide : tous ces appareils ont souvent dix ans ou plus, une carte SIM à l’intérieur, et personne ne se souvient du réseau qu’ils utilisent. Voici ce qui s’est arrêté, ce qui va suivre, et comment vérifier vos appareils en une après-midi.
Fin de la 2G en Aveyron : le calendrier
- Orange : coupure en Aveyron, en Lozère et dans le Tarn le 6 octobre 2026. Le Lot voisin l’a été dès le 9 juin. Le reste de la France suit le 20 octobre.
- Free : Free n’a jamais construit de réseau 2G et utilisait celui d’Orange. Ses clients sont donc coupés en même temps.
- Les zones blanches : dans les zones de couverture ciblée (ces antennes installées dans les villages longtemps privés de réseau), Orange coupe la 2G du 1er au 15 décembre 2026. Sur l’Aubrac, c’est un point à surveiller.
- SFR et Bouygues Telecom : arrêt de leur 2G d’ici la fin de l’année 2026. Bouygues Telecom généralise la coupure du 1er au 15 décembre.
- Et la 3G ? Elle tient encore un peu : arrêt en 2028 chez Orange et SFR, fin 2029 chez Bouygues Telecom.
Fin mars 2026, l’Arcep comptait encore 2 millions de cartes SIM dans des appareils qui ne savent fonctionner qu’en 2G. Beaucoup ne sont pas des téléphones, mais des boîtiers et des machines.
Pourquoi vous ne l’avez pas remarqué
Un vieux téléphone qui n’a plus de réseau, on le voit tout de suite. Un boîtier vissé au mur, non. Il reste allumé, son voyant clignote comme avant, et rien n’indique que ses messages ne partent plus. On le découvre le jour où on en a besoin.
Il y a un second piège. Beaucoup d’alarmes et de boîtiers professionnels utilisent des cartes SIM « multi-opérateurs », qui s’accrochent au réseau disponible. Privées d’Orange, certaines se sont rabattues sur la 2G de SFR ou de Bouygues Telecom. Elles fonctionnent donc encore aujourd’hui, mais seulement jusqu’en décembre. Un appareil qui marche ce mois-ci n’est pas forcément tiré d’affaire.
La téléassistance : à vérifier en premier
C’est le cas le plus sensible. Selon l’AFRATA, l’association des professionnels de la téléassistance, près de 200 000 des 750 000 boîtiers installés en France passent encore par la 2G ou la 3G. Derrière chacun, il y a une personne âgée qui compte sur un bouton ou un pendentif en cas de chute.
Si vous avez un parent équipé, voici quoi faire cette semaine :
- Appelez le prestataire (son numéro est sur le boîtier ou sur la facture) et demandez par écrit si l’appareil utilise une carte SIM, et laquelle : 2G, 3G ou 4G.
- Faites un appel test avec le pendentif ou le bracelet, depuis la pièce la plus éloignée du boîtier, et vérifiez que la centrale répond.
- Si le boîtier est en 2G, demandez son remplacement. C’est au prestataire de vous dire qui le prend en charge : faites-le confirmer par écrit avant toute intervention.
Alarmes de maison, de gîte et de résidence secondaire
Beaucoup d’alarmes posées il y a dix ou quinze ans préviennent par SMS ou par appel grâce à un transmetteur GSM. Si ce transmetteur ne connaît que la 2G, l’alarme sonne toujours sur place, mais vous ne recevez plus rien sur votre téléphone.
Sur l’Aubrac, c’est un risque bien réel : maisons fermées tout l’hiver, gîtes vides entre deux séjours, voisins éloignés. Une alarme qui sonne dans une maison où personne ne passe ne protège pas grand-chose. Et les alertes de gel ou de coupure de courant, celles qui évitent un dégât des eaux en janvier, passent souvent par le même transmetteur.
La vérification est simple : mettez l’alarme en mode test (ou déclenchez-la, après avoir prévenu le télésurveilleur si vous en avez un) et regardez si le SMS arrive. Pas de SMS, pas de protection à distance.
Dans les exploitations : alarmes d’élevage et détecteurs de vêlage
Les exploitations de l’Aubrac sont souvent mieux équipées qu’on ne le croit, et une bonne partie de ces équipements passent par le réseau mobile :
- le transmetteur qui appelle l’éleveur quand le courant saute, quand la ventilation s’arrête ou quand le tank à lait ne refroidit plus ;
- les alertes d’abreuvoir ou de clôture électrique ;
- le détecteur de vêlage, qui envoie un SMS une à deux heures avant la mise bas.
Les modèles récents fonctionnent en 4G, mais beaucoup de transmetteurs d’élevage plus anciens n’étaient vendus qu’en 2G. Avant la saison des vêlages, prenez dix minutes pour :
- relever la référence de chaque transmetteur et de chaque détecteur, et vérifier sur la notice ou auprès du vendeur s’il fonctionne en 4G ;
- regarder quel opérateur figure sur la carte SIM ;
- faire un essai réel : couper l’alimentation surveillée ou déclencher le capteur, et attendre l’appel ou le SMS.
Une nuit de vêlage manquée ou un tank à lait perdu coûte bien plus cher qu’un transmetteur neuf.
Commerces, hôtels et campings
Côté professionnels, les appareils en cause sont rarement les ordinateurs. Ce sont les petits boîtiers auxquels on ne pense plus :
- L’alarme de température d’une chambre froide ou d’une vitrine réfrigérée (boucherie, fromagerie, restaurant), quand elle prévient par SMS.
- Le terminal de paiement mobile des marchés et des foires, ou celui qu’on emporte en livraison. Les plus anciens fonctionnaient en 2G.
- Le bouton d’alarme de l’ascenseur d’un hôtel, obligatoire, qui relie la cabine à un centre d’appel.
- Le portail ou la barrière de camping qu’on ouvre par un appel, et le transmetteur de l’alarme anti-intrusion.
- Le vieux téléphone de la boutique, gardé « pour dépanner ».
Pour l’ascenseur et le terminal de paiement, c’est le contrat de maintenance ou la banque qui doit vous répondre : posez la question par écrit. Pour le reste, l’inventaire se fait en une visite.
Votre téléphone : la question de la VoLTE
Un téléphone qui ne connaît que la 2G ne fonctionne plus du tout sur le réseau Orange ou Free, ni bientôt sur les autres. Ce sont souvent des téléphones à touches, ou des téléphones simplifiés offerts à un parent il y a longtemps.
Pour un téléphone 3G ou 4G, la question est différente. Pour téléphoner sans la 2G et la 3G, il doit savoir passer les appels en 4G : c’est ce qu’on appelle la VoLTE. L’Arcep le rappelle : la couverture ne baissera pas sensiblement, à condition d’avoir un téléphone compatible VoLTE.
Deux vérifications rapides :
- Le symbole à côté des barres de réseau : G ou E, vous êtes en 2G. 3G, H ou H+, vous êtes en 3G. 4G, LTE ou 5G, tout va bien.
- Pendant un appel : si le téléphone reste en 4G, la VoLTE fonctionne. S’il repasse en 3G à chaque appel, il faut activer les appels 4G dans les réglages, ou vérifier auprès de l’opérateur que votre modèle les accepte.
Sur l’Aubrac, où le réseau est parfois juste, un téléphone non compatible peut ne plus réussir à appeler là où il y arrivait encore. Y compris le 112, le numéro d’urgence.
Fin de la 2G : comment faire le tour de vos appareils
- Listez tout ce qui contient une carte SIM : téléphones, alarmes, boîtiers de téléassistance, transmetteurs, terminaux de paiement, portails, traceurs GPS, détecteurs.
- Repérez les suspects : « GSM » ou « GPRS » seuls sur l’étiquette, aucune mention de 4G ou LTE, appareil de plus de dix ans.
- Testez pour de vrai : un appareil qui « a l’air de marcher » ne prouve rien. Seule l’alerte reçue compte.
- Remplacez par du 4G, pas du 3G : sinon, on refait tout en 2028. Pour un petit capteur sur pile, demandez un modèle « LTE-M » : c’est une version de la 4G faite pour les objets connectés, économe et qui porte loin.
- Notez la date du test et refaites-le en décembre, après la coupure des zones blanches et l’arrêt de SFR et de Bouygues Telecom.
Ce que je peux faire pour vous
À Laguiole, à Espalion et sur tout l’Aubrac, je peux passer faire cet inventaire avec vous : repérer les appareils encore en 2G, tester les alertes, configurer un transmetteur 4G et vérifier que les SMS arrivent bien sur les bons téléphones. Les alertes de gel, de coupure de courant ou d’intrusion font partie de mes installations domotiques, y compris pour les gîtes et les exploitations.
Pour un téléphone qui ne fait pas la VoLTE, je vérifie d’abord s’il suffit d’un réglage. Sinon, un téléphone reconditionné fera très bien l’affaire, et pour un parent, je le configure simplement avant de vous le remettre. Les professionnels sous contrat de maintenance peuvent me confier l’inventaire de tous leurs boîtiers.
Mes prix sont sur la page Tarifs, et le déroulé d’une intervention sur la page comment se passe une intervention.
Un doute sur un boîtier ? Je viens le tester.
Sources
- Orange, Fin de la 2G et de la 3G : calendrier officiel par département et zones blanches.
- Arcep, Fermeture des réseaux mobiles 2G et 3G : ce qu’il faut anticiper : fiche pratique pour les entreprises.
- Arcep, Impact de l’extinction de la 2G et de la 3G sur la couverture : la couverture maintenue à condition d’avoir un téléphone VoLTE.
- Arcep, Observatoire des cartes SIM 2G et 3G : nombre de cartes SIM dans des appareils 2G.
- Le Journal Toulousain, Orange coupe la 2G dans 7 départements d’Occitanie (6 octobre 2026) : l’Aveyron dans la vague du 6 octobre, chiffres de l’AFRATA sur la téléassistance.
- Ariase, Fin de la 2G et de la 3G : dates par opérateur : calendrier de SFR et Bouygues Telecom, vérification de la VoLTE.




